


Les CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire) sont apparues la première fois en 1983. Leur principe est simple. 5 à 20 personnes mettent leur épargne en commun en vue de la création ou du développement d’entreprises ou associations locales. Chaque cigalier s’engage à épargner pendant 5 ans et décide lui-même du montant mensuel, le plafond réglementaire étant fixé à 5 500 € par an et par personne. Sur le plan national, la moyenne d’épargne se situe à 26 €/mois/personne. Les montants récoltés, qui ne peuvent pas être divisés avant la fin du club, sont employés pour constituer ou renforcer le capital d’une entreprise existante, sous la forme d’une participation minoritaire (25 % maximum pour les SARL et 33 % pour les SA). La CIGALES peut également aider les associations par un apport avec droit de reprise. Depuis 25 ans, les prises de capital vont de 1000 à 10 000 €, la moyenne se situant à 1500 € par entreprise pour un club. Aujourd’hui, avec une centaine de CIGALES actives, cette forme d’épargne est encore trop peu connue des citoyens comme des créateurs d’entreprise.
Impulser le développement économique local
Alors que beaucoup d’entreprises déposent le bilan1, les cigaliers créent ou maintiennent de l’activité et de l’emploi dans leur quartier, ville ou village. Le lien social existant dans un quartier peut même être à l’origine de l’ouverture d’un club CIGALES : « Il me semblait qu’il y avait un potentiel dans le quartier car je connaissais des gens sensibles à l’économie sociale et solidaire. Le club a resserré les liens entre les habitants. Le projet m’a vraiment ouvert les yeux sur le quartier. Cette dimension, on y tient », confie Isabelle, cigalière. Suivant les recommandations de la charte des CIGALES, celles-ci soutiennent plus particulièrement des activités de commerce équitable, production bio ou énergies renouvelables, qui ne recherchent pas la maximisation des profits mais l’utilité sociale ou culturelle ou le respect des ressources naturelles…

L’argent ainsi placé ne sert dès lors plus à l’enrichissement des banques mais bénéficie à des projets concrets, équitables, solidaires et durables. Enfin, participer à une CIGALES est un placement financier et non un don. Cette épargne donne droit à une déduction fiscale de l’ordre de 25 % des sommes investies. Et si l’entreprise bonifie son capital, une plus-value peut être réalisée à la sortie de la CIGALES.
Didier Bieuvelet
(1) 49 000 dépôts de bilan en 2007, en majorité des entreprises de moins de 3 salariés et/ou jeunes (3 à 5 ans). Selon les estimations, ils devraient augmenter de 10 % en 2008.
Banques solidaires
Autre outil plus classique d’épargne, la Nef est un établissement de crédit qui garantit une utilisation solidaire des fonds qui lui sont confiés, en accordant des prêts à des activités écologiques, de développement social et solidaire, culturelles, etc. Transparente, elle publie annuellement la liste complète de ses prêts avec les noms des entreprises bénéficiaires et leur utilisation. Son Plan d’Épargne à terme (l’argent est bloqué 25 mois minimum) offre la possibilité d’affecter soi même le domaine d’utilisation de son épargne et de choisir de partager éventuellement les intérêts avec une organisation partenaire (le don d’intérêt donne droit à un avantage fiscal). N’ayant pas le statut de banque, la Nef s’appuie sur le Crédit Coopératif pour offrir les services de n’importe quel compte courant : carnets de chèques, carte bancaire, livrets, etc. L’argent déposé sur ces comptes sera utilisé par la Nef pour son activité de crédit à des entreprises solidaires.
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