



La biodanza pourrait se définir comme une éducation à la joie de vivre. Elle a été créée par l’anthropologue Rolando Toro Araneda, à Santiago-du-Chili, il y a une quarantaine d’années. À partir de ses recherches en milieu psychiatrique sur la créativité et l’extériorisation des émotions, il a élaboré une pratique de l’expression corporelle qui permet à tous de s’épanouir au travers de la musique et de la danse. Le principe : des gestes libres par lesquels on expérimente son propre corps comme un espace de liberté et de plaisir, pour devenir plus réceptif à ses émotions et aux autres.
La biodanza doit permettre d’exprimer la vivencia de chacun. Le concept de vivencia correspond à une expérience vécue avec une grande intensité, qui interpelle et engage la totalité de l’être, corps, fonctions viscérales, émotions, renforçant ainsi le bien-être, le plaisir sensoriel, la sensation de détente et le contact. Rolando Toro a structuré une méthodologie précise pour induire des vivencias par la stimulation des fonctions vitales, avec une mise en sourdine de fonctions telles que le langage ou l’analyse, exacerbées par notre style de vie, au détriment de l’intelligence instinctive.
Se sentir plus vivant
Les facilitateurs de biodanza (qu’on n’appelle pas « enseignants », puisqu’il ne s’agit pas d’apprendre une technique mais simplement de chercher un ressenti) insistent en général sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une thérapie. En effet, cette pratique ne s’occupe pas des problèmes psychologiques, traumatismes et conflits. Au contraire, la biodanza entend agir sur la partie « saine » de l’identité, avec l’ambition de la renforcer et de la développer, en travaillant sur cinq pôles fondamentaux : la vitalité, la sexualité, l’affectivité, la créativité et la transcendance – c’est-à-dire ce qui relie l’humain à l’univers. Les gestes exprimés pendant les improvisations ne font donc jamais l’objet d’un décryptage, ni de la part du facilitateur de la séance, ni de celle du groupe de danseurs.
La pratique régulière de la biodanza se fait toujours en groupe. Généralement hebdomadaire, une séance dure en principe deux heures et demie (une heure et demie pour les enfants et les personnes âgées). Le biodanzaur est invité, par des improvisations librement dansées, à explorer trois niveaux complémentaires : la connexion à soi-même, la connexion à l’autre et la connexion au groupe ou à la nature. Les musiques sont très variées : classique, folk, rock, musique africaine, latino-américaine… Ce qui compte, c’est surtout leur potentiel expressif.
A priori, tout le monde peut pratiquer la biodanza, qui s’adresse plus particulièrement aux personnes en quête d’une technique de développement personnel et de relaxation qui privilégie le mouvement au lieu de la pensée « rationnelle ». Aucune habileté particulière ou connaissance préalable de la danse n’est requise, et les enfants comme les personnes âgées sont les bienvenues. Cependant, les personnes présentant des cadres cliniques particuliers sont invitées à participer à des groupes spécifiques.
Hélène Levy Benseft
Se renseigner : www.biodanza-france.com
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